✓ Les infos à retenir
- Envoyer votre première relance entre 7 et 15 jours après l’échéance pour laisser le temps au client de régler spontanément
- Appliquer automatiquement des pénalités de retard (minimum 4,5% par an) et une indemnité forfaitaire de 40€ dès le premier jour de retard
- Suivre une escalade progressive : email amical → deuxième relance ferme → courrier recommandé → appel téléphonique → mise en demeure → injonction de payer
- Utiliser un ton courtois et professionnel jusqu’à la deuxième relance, puis devenir plus ferme sans agressivité
- Automatiser vos relances avec des logiciels comme Sellsy ou Pennylane pour gagner du temps tout en personnalisant les messages
Tu galères avec des factures impayées et tu cherches comment relancer tes clients sans passer pour le méchant ? Bienvenue dans le monde des relances courtoises ! C’est un passage obligé pour toute entreprise, et même si ce n’est pas la partie la plus fun du métier, c’est absolument nécessaire pour garder ta trésorerie à flot.
Dans cet article, on va décortiquer ensemble comment rédiger une lettre de relance efficace, quand l’envoyer, et surtout comment garder le bon ton pour préserver la relation commerciale tout en récupérant ton argent. Tu vas découvrir des modèles concrets, des exemples adaptés à différentes situations, et toutes les étapes pour passer d’une simple relance amiable à des actions plus fermes si nécessaire.
Qu’est-ce qu’une lettre de relance courtoise exactement ?

Une lettre de relance courtoise, c’est tout simplement un courrier (papier ou électronique) que tu envoies à un client qui n’a pas réglé sa facture dans les délais prévus. Le mot « courtoise » est important ici : tu restes poli, professionnel et bienveillant.
L’objectif ? Rappeler gentiment à ton client qu’il a oublié de payer, sans l’agresser ni détériorer votre relation professionnelle. Dans la majorité des cas, les impayés résultent d’un simple oubli ou d’un problème administratif passager.
✅ La relance courtoise se distingue de la mise en demeure par son ton cordial et non menaçant. Elle constitue toujours la première étape du processus de recouvrement amiable.
La relance courtoise s’inscrit dans ce qu’on appelle le recouvrement amiable. Elle précède des actions plus musclées comme la mise en demeure ou le recours à un huissier. En gros, c’est la phase où tu cherches encore à résoudre le problème à l’amiable avant d’escalader.
Quand faut-il envoyer une relance de facture impayée ?
Le timing, c’est tout ! Envoyer ta relance trop tôt peut agacer ton client, trop tard et tu risques de ne jamais récupérer ton argent. Alors comment trouver le bon moment ?
La première relance se fait généralement entre 7 et 15 jours après la date d’échéance de la facture. Ce délai laisse le temps au client de régler spontanément, tout en montrant que tu suis tes créances de près. Pour les montants importants ou les clients historiquement mauvais payeurs, tu peux même envoyer un rappel préventif quelques jours avant l’échéance !
Les différentes étapes de relance
Le processus de relance suit généralement une escalade progressive. Voici la chronologie classique que tu peux adopter :
- J+7 après échéance : Premier mail de relance amical (simple rappel)
- J+15 : Deuxième relance par mail, ton un peu plus ferme
- J+30 : Lettre de relance courtoise par courrier simple ou recommandé
- J+45 : Appel téléphonique direct au client
- J+60 : Mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR)
- Au-delà : Procédures judiciaires (injonction de payer) ou recours à un cabinet de recouvrement
Attention : ces délais sont indicatifs et peuvent être adaptés selon ton secteur d’activité, tes conditions générales de vente (CGV) et la relation que tu entretiens avec ton client. Certaines entreprises sont plus souples, d’autres plus strictes.
Comment rédiger une lettre de relance efficace ?
Passons maintenant à la partie pratique ! Une bonne lettre de relance doit contenir certains éléments obligatoires tout en gardant un ton adapté à la situation. Voici la recette gagnante.
Les éléments indispensables à inclure
Ta lettre de relance doit impérativement comporter ces informations pour être complète et juridiquement valable :
| Élément | Description |
|---|---|
| Référence de la facture | Numéro exact pour identification rapide |
| Date d’émission | Quand la facture a été établie |
| Date d’échéance | Quand le paiement devait intervenir |
| Montant total dû | Somme exacte restant à payer (TTC) |
| Pénalités de retard | Taux appliqué selon tes CGV (minimum légal : 3x le taux légal) |
| Indemnité forfaitaire | 40€ pour frais de recouvrement (obligation légale) |
| Moyens de paiement | Virement, chèque, CB… facilite le règlement ! |
N’oublie pas de mentionner tes coordonnées complètes et celles du client. Ça paraît évident, mais c’est parfois oublié dans le feu de l’action !
Le ton à adopter selon la relance
Le ton de ta lettre doit évoluer au fil des relances. Pour la première, reste léger et amical. Pars du principe que c’est un oubli innocent. Utilise des formulations comme « nous nous permettons de vous rappeler » ou « sauf erreur de notre part ».
À la deuxième relance, tu peux te montrer un peu plus ferme tout en restant courtois. Rappelle les conséquences potentielles : pénalités de retard, suspension de service, etc. Mais garde toujours une porte de sortie : propose un échelonnement si le client rencontre des difficultés temporaires.
📌 Selon une étude de la Banque de France, les TPE-PME subissent en moyenne 15 jours de retard de paiement, ce qui représente un impact direct sur leur trésorerie. Une relance structurée permet de réduire ce délai de moitié.
Modèle de lettre de relance courtoise : exemples concrets

Rien de mieux que des exemples concrets pour t’inspirer ! Voici plusieurs modèles adaptés à différentes situations que tu peux personnaliser selon tes besoins.
Exemple 1 : Première relance par email (ton amical)
Objet : Rappel aimable – Facture n°2024-XXX
Bonjour [Prénom],
J’espère que tout va bien de ton côté ! Je me permets de te contacter car j’ai remarqué que la facture n°2024-XXX d’un montant de 1 500€ TTC, émise le [date] avec une échéance au [date], n’a pas encore été réglée.
Il s’agit probablement d’un simple oubli de ta part. Si tu as déjà effectué le virement, merci de ne pas tenir compte de ce message et de m’envoyer une copie du justificatif de paiement.
Dans le cas contraire, pourrais-tu procéder au règlement dans les meilleurs délais ? Tu peux effectuer un virement sur notre IBAN : [coordonnées bancaires].
Si tu rencontres la moindre difficulté, n’hésite pas à me contacter pour qu’on trouve une solution ensemble !
Merci d’avance et à bientôt,
[Ton prénom]
Exemple 2 : Deuxième relance par courrier (ton plus ferme)
Objet : Relance facture impayée n°2024-XXX – Échéance dépassée
Madame, Monsieur,
Malgré notre précédent rappel du [date], nous constatons que la facture n°2024-XXX d’un montant de 1 500€ TTC, émise le [date] et échue le [date], demeure impayée à ce jour.
Nous vous rappelons que conformément à nos conditions générales de vente et aux dispositions légales, ce retard entraîne l’application automatique de pénalités de retard au taux de [X]% ainsi qu’une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40€.
Nous vous invitons donc à régulariser votre situation sous 8 jours à compter de la réception de ce courrier. Passé ce délai, nous serions contraints d’engager une procédure de recouvrement plus formelle.
Nous restons à votre disposition pour toute question ou pour convenir d’un éventuel échéancier de paiement.
Cordialement,
[Signature]
Que faire si le client ne répond toujours pas ?

Malgré tes relances répétées, ton client fait la sourde oreille ? Pas de panique, il te reste encore plusieurs options avant d’en arriver au tribunal !
La première chose à faire, c’est de décrocher ton téléphone et d’appeler directement ton client. Parfois, un échange vocal permet de débloquer des situations qui traînent par écrit. Tu pourras comprendre s’il y a un vrai problème financier, un litige sur la prestation, ou simplement une mauvaise gestion administrative de leur côté.
Si l’appel ne donne rien, passe à l’étape supérieure : la mise en demeure. Attention, ce n’est plus une relance courtoise mais un acte juridique formel ! Elle doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception et contenir une date limite de paiement ainsi que les conséquences en cas de non-réponse (procédure judiciaire).
L’injonction de payer et le recouvrement judiciaire
Si la mise en demeure reste sans effet, tu peux saisir le tribunal compétent pour obtenir une injonction de payer. C’est une procédure rapide et peu coûteuse qui permet d’obtenir un titre exécutoire sans audience contradictoire.
Autre option : faire appel à un cabinet de recouvrement ou à un huissier de justice. Ces professionnels se chargeront de récupérer ton dû moyennant une commission (généralement entre 10 et 20% du montant récupéré). Ça peut valoir le coup pour des montants importants ou des clients récalcitrants !
Les pénalités de retard : comment ça marche ?
Tu as le droit d’appliquer des pénalités de retard dès le premier jour de retard, c’est la loi ! Le taux minimum légal correspond à trois fois le taux d’intérêt légal (actuellement autour de 1,5% par an, donc environ 4,5% pour les pénalités).
Mais tu peux prévoir un taux plus élevé dans tes CGV, à condition de le mentionner clairement sur tes factures. Beaucoup d’entreprises appliquent des taux entre 10 et 15% par an. Ces pénalités sont automatiques : tu n’as pas besoin de mise en demeure préalable pour les réclamer.
En plus des pénalités, tu peux facturer l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40€. C’est obligatoire depuis la loi de modernisation de l’économie et ça couvre une partie de tes frais administratifs liés au recouvrement. Si tu dois émettre un avoir sur une facture suite à un litige avec le client, n’oublie pas qu’il devra d’abord régler sa facture initiale. L’avoir est un document de correction qui ne peut être utilisé que pour compenser une partie des dettes futures.
Mail ou courrier : quel canal choisir pour ta relance ?
Bonne question ! Le choix du canal dépend surtout de l’étape de relance et de la relation que tu entretiens avec ton client.
Pour les premières relances, privilégie l’email. C’est rapide, peu coûteux, et ça permet de garder une trace écrite tout en restant informel. L’email fonctionne particulièrement bien en B2B où les échanges professionnels se font majoritairement par ce canal.
Le courrier papier, et surtout le recommandé avec accusé de réception, devient pertinent à partir de la deuxième ou troisième relance. Il marque une escalade dans le sérieux de ta démarche et a plus de poids juridique. Le LRAR est même obligatoire pour la mise en demeure si tu veux pouvoir prouver que ton client l’a bien reçue.
L’objet de mail qui fait mouche
L’objet de ton mail de relance est déterminant pour son taux d’ouverture ! Voici quelques exemples qui fonctionnent bien :
• « Rappel : Facture n°XXX à régler »
• « Échéance dépassée – Facture n°XXX »
• « Relance de paiement – Facture n°XXX du [date] »
• « Action requise : règlement facture n°XXX »
Reste factuel et clair. Évite les objets trop agressifs qui pourraient braquer ton client ou passer pour du spam. Le numéro de facture dans l’objet permet au client de retrouver rapidement de quoi il s’agit.
Les erreurs à éviter absolument dans ta relance
Même avec les meilleures intentions, certaines erreurs peuvent ruiner l’efficacité de ta relance ou même te créer des problèmes juridiques. Voici les pièges à éviter !
Ne menace jamais ton client de manière disproportionnée ou illégale. Par exemple, tu ne peux pas menacer de publier son nom sur une liste noire publique ou de contacter directement ses propres clients. C’est du harcèlement et c’est punissable !
Évite aussi de multiplier les relances trop rapidement. Bombarder ton client de mails quotidiens va juste l’agacer et détériorer votre relation. Respecte des délais raisonnables entre chaque relance pour lui laisser le temps de réagir.
Dernier point important : vérifie systématiquement que le paiement n’a pas été effectué avant d’envoyer ta relance. Rien de plus embarrassant que de relancer un client qui a déjà payé ! Ça arrive plus souvent qu’on ne le pense à cause de délais bancaires ou d’erreurs de saisie comptable. Si ton client travaille avec des apporteurs d’affaires qui réduisent leur facturation suite à des impayés, il faudra aussi documenter précisément ces situations.
Comment automatiser tes relances sans perdre la touche humaine ?
Franchement, relancer manuellement tous tes clients en retard, c’est chronophage et pénible. Heureusement, des solutions existent pour automatiser ce processus tout en gardant une approche personnalisée !
De nombreux logiciels de facturation comme Sellsy, Pennylane ou QuickBooks intègrent des modules de relance automatique. Tu paramètres ton scénario de relance (délais, modèles de messages, escalade progressive) et le système s’occupe du reste. Tu gagnes un temps fou !
Ces outils te permettent aussi de suivre l’historique complet de tes relances, de voir qui a ouvert tes emails, et d’avoir une vision claire de ton poste clients. C’est un investissement qui se rentabilise rapidement quand tu as un volume important de factures.
Le tout, c’est de personnaliser tes modèles pour qu’ils ne ressemblent pas à des messages robotisés. Utilise le prénom du contact, fais référence à votre dernière interaction, adapte le ton selon l’historique de la relation. L’automatisation doit te faire gagner du temps, pas te faire perdre en qualité relationnelle ! Si besoin, savoir comment faire un avoir peut aussi te permettre de dégager un crédient pour un client récalcitrant dans un geste commercial.
Voilà, tu as maintenant toutes les cartes en main pour gérer tes relances de factures impayées avec professionnalisme et efficacité. N’oublie pas que l’objectif premier reste de préserver la relation commerciale tout en protégeant ta trésorerie. Dans la plupart des cas, une approche courtoise et structurée suffit à résoudre le problème. Et si ça ne marche pas, tu sais maintenant quelles sont les étapes suivantes pour récupérer ton dû ! 💪
Questions fréquentes sur les lettres de relance
Peut-on envoyer une relance par SMS ou WhatsApp ?
Oui, mais avec prudence. Les SMS et WhatsApp sont valables pour une première relance informelle, avec un taux d’ouverture de 98%. Cependant, pour une valeur juridique, privilégiez un courrier recommandé ou un email avec accusé de réception. Mentionnez toujours le numéro de facture, le montant dû et un délai de 7 jours pour régulariser.
Quelle est la différence entre une relance amiable et un recouvrement forcé ?
La relance amiable (email, courrier) vise à résoudre le litige sans frais supplémentaires. Le recouvrement forcé implique un huissier ou un cabinet spécialisé, avec des frais de 10 à 20% du montant récupéré. La transition se fait après 60 jours d’impayé, via une mise en demeure par LRAR.
Faut-il mentionner les pénalités de retard dès la première relance ?
Non, réservez cette mention pour la deuxième relance. La première doit rester courtoise, avec un ton neutre. Les pénalités (minimum 3 fois le taux légal) et l’indemnité forfaitaire de 40€ sont obligatoires dès le premier jour de retard, mais leur rappel devient ferme après 15 jours d’impayé.
Comment relancer un client en liquidation judiciaire ?
Envoyez une déclaration de créance au liquidateur dans les 2 mois suivant la publication au BODACC. Joignez la facture impayée et les preuves de livraison. Le taux de récupération varie de 5 à 30% selon l’actif disponible. Utilisez un modèle de lettre spécifique pour les procédures collectives.
Peut-on relancer un client pour une facture prescrite ?
Non, la prescription (5 ans pour les professionnels, 2 ans pour les particuliers) éteint la dette. Cependant, un paiement volontaire reste valable. Pour éviter ce risque, envoyez une relance avant l’échéance du délai et conservez une preuve d’envoi (LRAR ou email avec accusé).