✓ Les infos à retenir
- Le plafond d’exonération fiscale des heures supplémentaires est fixé à 7 500 € net fiscal par an, au-delà duquel elles deviennent imposables.
- Les majorations légales sont de 25 % pour les 8 premières heures et 50 % à partir de la 44e heure hebdomadaire.
- L’employeur bénéficie d’une déduction forfaitaire de 1,50 € par heure sup dans les entreprises de plus de 20 salariés.
- Les heures supplémentaires exonérées restent soumises à la CSG (9,2 %) et à la CRDS (0,5 %).
- Le contingent annuel d’heures supplémentaires est fixé par défaut à 220 heures par an et par salarié.
Les heures sup non imposables, c’est quoi exactement ?
Les heures supplémentaires, tu en as forcément entendu parler. Mais sais-tu vraiment ce qui se cache derrière la notion d’heures sup non imposables ? Depuis la loi TEPA de 2007 et les ajustements législatifs successifs, les heures supplémentaires bénéficient d’un régime fiscal avantageux, à la fois pour le salarié et pour l’employeur. Un dispositif qui mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
Une heure supplémentaire, c’est toute heure accomplie au-delà de la durée légale du travail, fixée à 35 heures par semaine pour un salarié à temps plein (article L. 3121-28 du Code du travail). Ces heures font l’objet d’une majoration de salaire et, sous certaines conditions, d’une exonération fiscale et sociale.

Comment sont rémunérées les heures supplémentaires ?
Les heures sup ne sont pas payées comme les heures classiques. La loi prévoit des majorations obligatoires qui varient selon l’accord de branche ou d’entreprise applicable :
- 25 % de majoration pour les 8 premières heures supplémentaires (de la 36e à la 43e heure).
- 50 % de majoration à partir de la 44e heure hebdomadaire.
À défaut d’accord collectif, ce sont ces taux légaux qui s’appliquent. Un accord de branche peut prévoir un taux différent, mais jamais inférieur à 10 %.
Les heures sup peuvent aussi être compensées par un repos compensateur de remplacement, en lieu et place du paiement majoré. Dans ce cas, elles restent exonérées d’impôt sur le revenu dans les mêmes conditions.
Quel est le plafond d’exonération fiscale des heures sup ?
💡 Les heures supplémentaires sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite d’un plafond annuel de 7 500 € net fiscal. Au-delà, elles redeviennent imposables comme n’importe quel autre revenu.
Ce plafond de 7 500 € s’applique à la rémunération nette fiscale perçue au titre des heures supplémentaires, c’est-à-dire après déduction des cotisations sociales salariales. Ce montant est fixé par l’article 81 quater du Code général des impôts (CGI).
Concrètement, si tu perçois 6 000 € d’heures sup sur l’année, la totalité est exonérée. Si tu en perçois 9 000 €, seuls 7 500 € sont exonérés et les 1 500 € restants s’ajoutent à ton revenu imposable.
Un exemple concret pour bien comprendre
Imaginons un salarié dont le salaire brut de base est de 2 500 € par mois. Il effectue régulièrement des heures supplémentaires et perçoit 8 500 € de rémunération au titre de ces heures sur l’année.
| Rémunération heures sup | Montant exonéré | Montant imposable |
|---|---|---|
| 6 000 € | 6 000 € | 0 € |
| 7 500 € | 7 500 € | 0 € |
| 8 500 € | 7 500 € | 1 000 € |
| 12 000 € | 7 500 € | 4 500 € |
Le contingent annuel d’heures supplémentaires
L’exonération fiscale ne dépend pas du contingent annuel, mais ce dernier reste un cadre à connaître. Par défaut, il est fixé à 220 heures supplémentaires par an et par salarié. Un accord collectif peut le modifier à la hausse ou à la baisse. Au-delà de ce contingent, les heures sup peuvent toujours être effectuées, mais elles donnent droit à une contrepartie obligatoire en repos.
Qui est concerné par l’exonération des heures supplémentaires ?
Le dispositif s’applique à une large catégorie de travailleurs. Sont notamment concernés :
- Les salariés du secteur privé (CDI, CDD, intérimaires).
- Les apprentis effectuant des heures au-delà de leur durée contractuelle.
- Les salariés à temps partiel pour leurs heures complémentaires.
- Les agents de la fonction publique (dans les conditions prévues par leur statut).
Rien n’empêche un salarié en CDD ou en intérim de bénéficier de cette exonération, dès lors que les heures sont bien qualifiées de supplémentaires au regard de sa durée contractuelle de travail.
Le cas particulier des salariés à temps partiel
Pour un salarié à temps partiel, on ne parle pas d’heures supplémentaires mais d’heures complémentaires. Ces heures — accomplies entre la durée contractuelle et la durée légale de 35 heures — bénéficient de la même exonération fiscale et sociale. C’est une bonne nouvelle pour les temps partiels qui dépassent régulièrement leurs horaires contractuels !
Et les RTT rachetées ?
Les jours de RTT auxquels le salarié renonce, dans le cadre d’un rachat de jours de repos, sont également éligibles à l’exonération fiscale. Ces montants s’intègrent dans le même plafond global de 7 500 € net fiscal. En revanche, les RTT pris comme repos ne génèrent aucune rémunération supplémentaire et n’entrent donc pas dans ce calcul.

Quelles exonérations de cotisations sociales pour l’employeur ?
✅ L’employeur bénéficie d’une déduction forfaitaire de cotisations patronales pour chaque heure supplémentaire accomplie par ses salariés. Ce mécanisme réduit directement le coût du travail lié aux heures sup.
Concrètement, l’employeur déduit 1,50 € par heure supplémentaire effectuée dans les entreprises de plus de 20 salariés. Ce montant est porté à 0,50 € pour les entreprises de 20 salariés et moins. Cette déduction s’applique sur les cotisations patronales dues à l’URSSAF.
Du côté du salarié, la rémunération des heures supplémentaires est exonérée de cotisations salariales dans la limite du plafond fiscal de 7 500 €. Résultat : le salarié perçoit un montant net plus élevé que pour un salaire classique équivalent. Un avantage non négligeable !
À titre informatif, si vous êtes cadre et soumis à un régime d’heures supplémentaires spécifique, les règles peuvent différer légèrement selon votre convention collective.
Comment déclarer ses heures sup aux impôts ?
Bonne nouvelle : dans la majorité des cas, tu n’as rien à faire. La déclaration de revenus est pré-remplie par l’administration fiscale avec les données transmises par ton employeur via la Déclaration Sociale Nominative (DSN). Les montants exonérés apparaissent directement en case 1GH (ou cases similaires selon l’année) de ta déclaration.
Que faire si les heures sup ne sont pas pré-remplies ?
Si les montants n’apparaissent pas automatiquement, pas de panique. Tu dois alors reporter manuellement la rémunération exonérée dans la case dédiée de ta déclaration en ligne sur impots.gouv.fr. Cette information figure normalement sur tes bulletins de paie, dans la rubrique « heures supplémentaires exonérées ».
En cas de doute, le numéro de téléphone de l’administration fiscale est le 0 809 401 401 (service gratuit, numéro non surtaxé). Des simulateurs officiels sont également disponibles sur le site des impôts pour estimer ton revenu imposable net.
Et si tu as plusieurs employeurs ?
Le plafond de 7 500 € s’applique globalement, tous employeurs confondus. Si tu travailles pour plusieurs employeurs simultanément et que tu effectues des heures supplémentaires chez chacun d’eux, tu dois additionner l’ensemble des montants exonérés. Si la somme totale dépasse 7 500 €, l’excédent doit être réintégré dans ton revenu imposable lors de ta déclaration annuelle.
Les heures sup comptent-elles pour la retraite ?
C’est une question légitime. La réponse est oui, partiellement. Les heures supplémentaires exonérées de cotisations salariales ne génèrent pas de cotisations retraite sur la partie exonérée. En revanche, elles sont bien prises en compte pour le calcul de la durée d’assurance retraite (trimestres validés), car elles font partie du salaire brut déclaré à l’URSSAF.
Autrement dit, les heures sup t’aident à valider des trimestres, mais elles ont un impact limité sur le calcul du montant de ta pension, puisqu’une partie des cotisations retraite n’est pas prélevée dessus. C’est le revers de la médaille de l’exonération sociale.

Que faire en cas de litige sur les heures supplémentaires ?
Si ton employeur refuse de reconnaître les heures supplémentaires que tu as effectuées, plusieurs recours sont possibles. La charge de la preuve est partagée : tu dois apporter des éléments suffisamment précis (relevés d’horaires, emails, témoignages) et l’employeur doit justifier les horaires réellement effectués.
En cas de désaccord persistant, tu peux saisir le Conseil de prud’hommes, qui est la juridiction compétente pour trancher les litiges individuels entre salariés et employeurs. L’inspection du travail peut également être contactée si tu constates des pratiques illégales répétées. Ne laisse pas traîner ce type de situation !
Il est important de noter que certaines situations professionnelles spécifiques peuvent avoir des implications particulières. Par exemple, si vous êtes en mi-temps thérapeutique dans la fonction publique, les règles relatives aux heures supplémentaires peuvent être différentes et nécessiter une attention particulière.
Ce qu’il faut retenir sur les heures sup non imposables
Le régime fiscal des heures supplémentaires est un vrai coup de pouce pour les salariés qui dépassent les 35 heures hebdomadaires. Avec un plafond d’exonération fixé à 7 500 € net fiscal, une réduction de cotisations sociales salariales et une déduction patronale, c’est clairement un dispositif avantageux des deux côtés de la fiche de paie.
À retenir : vérifie systématiquement tes bulletins de salaire pour t’assurer que les heures sup sont bien identifiées et déclarées correctement. Et si tu dépasses le plafond de 7 500 €, pense à ajuster ta déclaration de revenus en conséquence.
Enfin, si vous êtes actuellement en période d’essai et que vous commencez à effectuer des heures supplémentaires, assurez-vous que votre employeur applique correctement le régime fiscal et les majorations légales dès le départ. 👍
Questions fréquentes sur les heures supplémentaires exonérées
Les heures supplémentaires sont-elles soumises à la CSG et à la CRDS ?
Oui, les heures supplémentaires exonérées d’impôt restent soumises à la CSG (9,2 %) et à la CRDS (0,5 %), soit un total de 9,7 % de prélèvements sociaux. Ces cotisations s’appliquent sur le montant brut des heures sup, même dans la limite du plafond de 7 500 € net fiscal.
Comment les heures supplémentaires sont-elles prises en compte dans le calcul du chômage ?
Pôle Emploi intègre les heures supplémentaires dans le salaire de référence pour calculer l’allocation chômage. Seule la partie imposable (au-delà de 7 500 €) est retenue. Les heures exonérées n’augmentent pas directement le montant des droits, mais influencent la moyenne des salaires perçus.
Peut-on cumuler heures supplémentaires et forfait jours ?
Non, les salariés en forfait jours ne peuvent pas bénéficier des heures supplémentaires, car leur rémunération est basée sur un nombre de jours travaillés (218 jours maximum). Les cadres autonomes concernés ne sont pas éligibles à l’exonération fiscale des heures sup.
Les heures supplémentaires défiscalisées impactent-elles le calcul de la prime d’activité ?
Oui, la prime d’activité prend en compte l’ensemble des revenus, y compris les heures supplémentaires exonérées. Ces dernières sont ajoutées au revenu fiscal de référence, ce qui peut réduire le montant de la prime si le plafond de ressources est dépassé.
Les heures supplémentaires sont-elles incluses dans le calcul du SMIC ?
Non, les majorations des heures supplémentaires ne comptent pas pour vérifier le respect du SMIC. Seule la rémunération de base (hors heures sup) doit atteindre le salaire minimum légal. Les heures sup sont calculées en plus, avec leurs taux de majoration (25 % ou 50 %).