✓ Les infos à retenir
- Après 25 ans d’ancienneté, l’indemnité légale de licenciement peut dépasser 22 500 € (base 3 000 € mensuels), avec un calcul de 1/4 de mois pour les 10 premières années et 1/3 au-delà
- De nombreuses conventions collectives prévoient une prime d’ancienneté (jusqu’à 15 % du salaire dans le BTP) et des congés supplémentaires non prévus par le Code du travail
- Les CDD antérieurs et certaines périodes d’absence (congés payés, arrêts maladie professionnels) sont intégrés dans le calcul de l’ancienneté totale
- Une rupture conventionnelle ou un départ à la retraite après 25 ans d’ancienneté ouvrent droit à des indemnités minimales égales ou supérieures à celles du licenciement
- Le changement de poste ou de statut dans la même entreprise n’interrompt pas l’ancienneté : elle reste attachée à l’entité juridique employeur
L’ancienneté en entreprise, c’est quoi exactement ?
L’ancienneté, c’est la durée pendant laquelle un salarié est lié à une même entreprise par un contrat de travail. Simple en apparence, ce concept cache pourtant des subtilités qui peuvent faire une vraie différence sur ta fiche de paie et tes droits. Atteindre 25 ans d’ancienneté dans une entreprise, c’est franchir un cap symbolique — et surtout, très concret.
Le calcul de l’ancienneté part en principe de la date de signature du contrat de travail. Mais attention, certaines périodes peuvent s’y ajouter ou, au contraire, ne pas être comptabilisées.
Quelles périodes entrent dans le calcul ?
Voici les périodes qui sont généralement intégrées dans le calcul de l’ancienneté :
- Les contrats à durée déterminée (CDD) antérieurs, s’ils ont précédé un CDI dans la même entreprise sans interruption significative
- Les périodes de stage ou d’apprentissage, sous conditions et selon la convention collective applicable
- Les congés payés, les arrêts maladie d’origine professionnelle, les congés maternité et paternité
- Les périodes de mise à pied conservatoire, si le salarié est finalement blanchi
En revanche, les congés sans solde et certains arrêts maladie non professionnels peuvent, selon les conventions collectives, ne pas être pris en compte dans leur intégralité. Mieux vaut vérifier !
💡 À retenir : Le calcul de l’ancienneté ne se limite pas à compter les années sur un CDI. Les CDD, stages et certaines absences peuvent aussi entrer dans l’équation, selon ce que prévoit ta convention collective.

Quels sont les avantages concrets après 25 ans d’ancienneté ?
C’est là que ça devient vraiment intéressant ! Après un quart de siècle au sein d’une même entreprise, les avantages s’accumulent — et ils sont loin d’être négligeables.
La prime d’ancienneté
La prime d’ancienneté n’est pas obligatoire par le Code du travail. En revanche, de nombreuses conventions collectives nationales (CCN) la prévoient. Son montant varie selon les branches professionnelles et représente souvent un pourcentage du salaire de base.
Dans la convention collective du Bâtiment (ouvriers), par exemple, la prime d’ancienneté atteint 15 % du salaire de base à partir de 15 ans d’ancienneté. À 25 ans, ce taux peut grimper selon les accords d’entreprise en vigueur. C’est du concret !
La majoration de salaire
Certaines CCN prévoient une majoration automatique du salaire en fonction de l’ancienneté. Ces augmentations progressives récompensent la fidélité du salarié et peuvent représenter, sur 25 ans, une hausse significative de la rémunération globale par rapport au salaire de départ.
Les jours de congés supplémentaires
Au-delà des 5 semaines légales prévues par le Code du travail (article L.3141-3), plusieurs conventions collectives accordent des jours de congés supplémentaires liés à l’ancienneté. On parle souvent de « journées d’ancienneté ». À titre d’exemple, certaines branches accordent jusqu’à 5 jours ouvrables supplémentaires après 20 ou 25 ans de présence.
L’indemnité en cas d’arrêt maladie
L’ancienneté joue aussi un rôle sur le maintien de salaire pendant un arrêt maladie. L’article L.1226-1 du Code du travail prévoit un maintien partiel de salaire à partir d’un an d’ancienneté. Avec 25 ans au compteur, les durées de maintien peuvent être bien plus longues selon ce que prévoit ta CCN — parfois jusqu’à 6 mois à taux plein dans certaines branches.
✅ Chiffre clé : L’indemnité légale de licenciement est calculée à raison d’1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, puis d’1/3 de mois au-delà. Avec 25 ans d’ancienneté, la note peut rapidement dépasser 8 mois de salaire brut.
Comment est calculée l’indemnité de licenciement après 25 ans ?
C’est souvent la question qui revient le plus, et c’est bien normal. Après 25 ans d’ancienneté, l’indemnité de licenciement atteint des montants conséquents. Voyons ça en détail.
La formule légale
Selon l’article R.1234-2 du Code du travail, le calcul s’effectue ainsi :
- 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années
- 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté à partir de la 11ème année
Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et la moyenne des 3 derniers mois de salaire.
Un exemple concret pour 25 ans d’ancienneté
Prenons un salarié avec un salaire mensuel brut de référence de 3 000 €. Voici ce que donnerait l’indemnité légale minimale :
| Tranche d’ancienneté | Taux applicable | Montant calculé (base 3 000 €) |
|---|---|---|
| 10 premières années | 1/4 de mois × 10 | 7 500 € |
| 15 années suivantes (de 11 à 25 ans) | 1/3 de mois × 15 | 15 000 € |
| Total | – | 22 500 € |
Ce montant correspond à l’indemnité légale minimale. Ta convention collective peut prévoir une indemnité supra-légale, plus avantageuse encore. Toujours bon à vérifier avant de signer quoi que ce soit !
Faute grave ou lourde : attention
Le licenciement pour faute grave ou faute lourde prive le salarié de son indemnité de licenciement, quelle que soit son ancienneté. 25 ans dans l’entreprise ne changent rien à cette règle. En revanche, en cas de licenciement économique ou sans cause réelle et sérieuse, l’ancienneté joue pleinement en faveur du salarié.

La rupture conventionnelle et le départ à la retraite après 25 ans
Le licenciement n’est pas la seule porte de sortie. Deux autres cas méritent qu’on s’y attarde quand on approche ou dépasse les 25 ans d’ancienneté.
La rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle, encadrée par les articles L.1237-11 et suivants du Code du travail, permet de quitter l’entreprise d’un commun accord. L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement. Avec 25 ans d’ancienneté, c’est une option financièrement très intéressante !
L’indemnité de départ à la retraite
Si c’est la retraite qui pointe le bout de son nez, l’indemnité de départ volontaire à la retraite est elle aussi encadrée par la loi. Elle varie selon l’ancienneté :
À partir de 30 ans d’ancienneté, l’indemnité légale atteint 1,5 mois de salaire. Mais entre 20 et 30 ans — soit la fenêtre des 25 ans — elle est fixée à 1 mois de salaire brut. Là encore, la convention collective peut prévoir bien mieux.
Quels sont les désavantages d’une longue ancienneté ?
On ne va pas se mentir, 25 ans dans la même boîte, c’est aussi synonyme de quelques contraintes.
Un préavis long en cas de démission
En cas de démission, la durée du préavis est fixée par la convention collective ou le contrat de travail. Avec une longue ancienneté, ce préavis peut atteindre 3 mois, voire plus dans certaines branches. Ce n’est pas forcément un problème, mais ça peut freiner une reconversion rapide.
Un risque de stagnation salariale
Certains salariés très anciens peuvent se retrouver dans une situation de stagnation salariale si l’entreprise ne revalorise pas régulièrement les rémunérations. La fidélité ne garantit pas automatiquement une progression de carrière ! C’est un point à surveiller, surtout lors des négociations annuelles obligatoires (NAO).
La reprise d’ancienneté : comment ça fonctionne ?
La reprise d’ancienneté est un mécanisme qui permet à un salarié de faire reconnaître, dans sa nouvelle entreprise, tout ou partie de l’ancienneté acquise dans une précédente. Elle n’est pas automatique : elle doit être expressément prévue par le contrat de travail, un accord d’entreprise ou la convention collective.
Pour la négocier, le mieux reste d’en faire la demande explicitement lors des discussions contractuelles d’embauche. Une clause de reprise d’ancienneté bien rédigée peut avoir un impact direct sur le calcul des primes, des indemnités et des congés supplémentaires dès les premières années dans la nouvelle structure.
Ce que disent les conventions collectives : des différences majeures selon les secteurs 📋
C’est l’un des points les plus importants à retenir : les avantages liés à 25 ans d’ancienneté varient énormément d’un secteur à l’autre. La convention collective nationale applicable à ton entreprise est souvent plus généreuse que le Code du travail seul.
La CCN de la métallurgie, celle des banques, celle du commerce de détail ou encore celle du Bâtiment (ouvriers) ne prévoient pas les mêmes primes, les mêmes jours de congés supplémentaires ou les mêmes règles de calcul d’indemnités. Pour connaître tes droits précis, le réflexe à avoir est de consulter ta CCN, accessible gratuitement sur le site officiel Légifrance.
Rien n’empêche par ailleurs un accord d’entreprise ou ton contrat de travail de prévoir des conditions encore plus favorables que ce que prévoit la CCN — c’est le principe de faveur consacré par le droit du travail français.

L’importance de bien documenter ses droits
Avec une ancienneté aussi importante, il est crucial de bien comprendre comment tous ces droits s’articulent. En cas de litige ou de situation conflictuelle — par exemple lors d’un différend sur le calcul d’une indemnité — une bonne documentation de son dossier peut faire toute la différence. Les bulletins de paie, les avenants au contrat, les accords d’entreprise : conserve précieusement tous ces documents.
N’hésite pas non plus à demander des clarifications à ton service RH sur le montant exact de ta prime d’ancienneté, le nombre de jours de congés supplémentaires accordés, ou les modalités de calcul de ton indemnité en cas de séparation. C’est ton droit le plus absolu, et cela peut t’éviter des mauvaises surprises.
FAQ : les questions fréquentes sur les 25 ans d’ancienneté
La prime d’ancienneté est-elle obligatoire après 25 ans ?
Non, le Code du travail n’impose pas de prime d’ancienneté. En revanche, si ta convention collective ou ton contrat de travail la prévoit, l’employeur est tenu de la verser. Beaucoup de CCN incluent cette prime — vérifie bien la tienne !
L’ancienneté est-elle perdue en cas de changement de poste dans la même entreprise ?
Non ! Un changement de poste, de service ou même de statut au sein d’une même entité juridique ne remet pas le compteur à zéro. L’ancienneté est attachée à l’entreprise, pas au poste occupé.
Peut-on cumuler ancienneté et d’autres avantages conventionnels ?
Absolument. L’ancienneté ouvre des droits spécifiques qui se cumulent avec d’autres avantages prévus par la convention collective : tickets restaurant, mutuelle avantageuse, participation, intéressement… Après 25 ans, le package peut être très complet 👍
Un CDD compte-t-il dans le calcul de l’ancienneté ?
Oui, si le CDD a été conclu avec la même entreprise et que le CDI fait suite sans interruption. Dans ce cas, la durée du CDD est intégrée dans le calcul de l’ancienneté totale, conformément à l’article L.1243-11 du Code du travail.
Que se passe-t-il en cas de rachat ou fusion de l’entreprise ?
Bonne question ! En cas de transfert d’entreprise prévu par l’article L.1224-1 du Code du travail, les contrats de travail sont automatiquement transférés au nouvel employeur, ancienneté comprise. Le salarié conserve donc ses 25 ans — aucun doute là-dessus.
Comment l’ancienneté est-elle calculée en cas de temps partiel ?
L’ancienneté en temps partiel se calcule comme en temps plein, sans proratisation. Le Code du travail (art. L3123-5) précise que chaque année compte intégralement, même pour un mi-temps. Les congés payés et indemnités (licenciement, retraite) sont aussi calculés sur la base du salaire effectif, sans minoration liée au temps partiel.
Quels sont les droits en cas de licenciement pour inaptitude après une longue ancienneté ?
L’inaptitude ouvre droit à une indemnité spéciale de licenciement (art. L1226-14), doublée par rapport à l’indemnité légale : 1/4 de mois par année pour les 10 premières, puis 1/3. Les conventions collectives (ex : métallurgie) peuvent prévoir jusqu’à 2 mois par année. Un préavis de 3 mois s’applique souvent.
Peut-on négocier une prime d’ancienneté supérieure à celle de la convention collective ?
Oui, un accord d’entreprise ou un avenant au contrat peut prévoir une prime plus élevée. Par exemple, la CCN du BTP fixe 15 % du salaire, mais certaines entreprises offrent 20 %. La négociation individuelle est possible, surtout avec une ancienneté significative et des compétences rares.
Comment l’ancienneté impacte-t-elle le calcul des heures supplémentaires ?
L’ancienneté n’affecte pas directement le taux des heures supplémentaires (25 % pour les 8 premières, 50 % au-delà). En revanche, certaines conventions (ex : commerce de détail) majorent ces taux après 5 ans. Les repos compensateurs peuvent aussi être plus généreux avec l’ancienneté.
Quels recours en cas de non-paiement d’une prime d’ancienneté prévue par la convention collective ?
Le salarié peut saisir les prud’hommes pour réclamer le paiement sous 3 ans (délai de prescription). La DIRECCTE peut aussi intervenir. Les dommages et intérêts (jusqu’à 6 mois de salaire) sont possibles en cas de mauvaise foi. Un avocat en droit du travail peut aider à constituer le dossier.