L’article en bref
- Les RTT non pris doivent obligatoirement figurer dans le solde de tout compte et donner lieu à une indemnisation financière, quelle que soit la nature de la rupture du contrat
- Le salarié dispose d’un délai de 6 mois après la signature du solde de tout compte pour contester les sommes indiquées devant le Conseil de prud’hommes
- Le calcul de l’indemnité compensatrice de RTT s’effectue en divisant le salaire mensuel brut par le nombre de jours ouvrables, puis en multipliant par le nombre de RTT restants
- L’indemnité compensatrice de RTT est soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales dans les mêmes conditions que le salaire habituel
Le solde de tout compte est un document essentiel lors de la rupture du contrat de travail. Il récapitule l’ensemble des sommes versées au salarié à son départ. Mais qu’en est-il des RTT non prises ? Cette question soulève régulièrement des interrogations chez les salariés comme chez les employeurs !
Qu’est-ce que le solde de tout compte exactement ?
Le solde de tout compte constitue un récapitulatif financier remis obligatoirement au salarié lors de son départ de l’entreprise. Ce document détaille l’ensemble des sommes versées à l’occasion de la rupture du contrat, quelle qu’en soit la nature : démission, rupture conventionnelle ou départ à la retraite.

L’employeur doit établir ce document en plusieurs exemplaires. Le salarié en conserve un et doit signer les autres pour attester avoir reçu les sommes mentionnées. Cette signature ne vaut pas renonciation aux droits du salarié, contrairement à une idée reçue tenace. Le salarié dispose d’un délai de six mois pour contester les sommes indiquées.
Le solde de tout compte comprend généralement le salaire du dernier mois travaillé, l’indemnité compensatrice de congés payés, l’indemnité de préavis si elle est due, l’indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle le cas échéant, et bien entendu, l’indemnité compensatrice de RTT non pris.
Les RTT figurent-ils obligatoirement dans le solde de tout compte ?
Absolument ! Les jours de RTT non pris doivent être compensés financièrement lors du départ du salarié. Cette obligation découle du caractère impératif des dispositions relatives au temps de travail. Les jours de RTT constituent un droit acquis par le salarié en contrepartie d’un temps de travail supérieur à la durée légale hebdomadaire.
L’indemnité compensatrice de RTT se calcule selon les mêmes modalités que l’indemnité compensatrice de congés payés. Elle correspond à la rémunération que le salarié aurait perçue s’il avait effectivement pris ses jours de repos. Le montant dépend donc du salaire habituel du salarié et du nombre de jours restants.
Cette compensation financière s’applique quelle que soit la nature de la rupture du contrat. Démission, licenciement pour faute grave ou lourde, rupture conventionnelle : dans tous les cas, les RTT non pris donnent lieu à une indemnisation. Aucune exception n’est prévue par le Code du travail !
Comment calculer l’indemnité compensatrice de RTT ?
Le calcul de l’indemnité compensatrice nécessite d’identifier précisément le nombre de jours de RTT restants au compteur du salarié. L’employeur doit tenir un décompte rigoureux tout au long de l’année. Ce suivi facilite grandement l’établissement du solde de tout compte.
Pour déterminer le montant de l’indemnité, deux méthodes coexistent selon les modalités de calcul habituellement retenues dans l’entreprise. La première méthode consiste à diviser le salaire mensuel brut par le nombre de jours ouvrables du mois, puis à multiplier ce montant par le nombre de RTT non pris. La seconde méthode prend en compte le salaire brut des trois derniers mois, divisé par le nombre de jours ouvrables de cette période.
Les éléments à prendre en compte
Le calcul intègre le salaire de base, mais également les éléments de rémunération variables comme les primes récurrentes. Les primes exceptionnelles, versées une seule fois dans l’année, ne sont généralement pas incluses dans le calcul. Cette distinction peut avoir un impact significatif sur le montant final perçu par le salarié. La vigilance s’impose donc lors de la vérification du solde de tout compte !

| Élément de rémunération | Pris en compte |
|---|---|
| Salaire de base | Oui |
| Prime d’ancienneté | Oui |
| Prime de performance récurrente | Oui |
| Prime exceptionnelle unique | Non |
| Avantages en nature | Oui |
Quelles sont les différences entre RTT et congés payés ?
Bien que les RTT et les congés payés donnent tous deux droit à une indemnisation en cas de non-prise, leur nature juridique diffère substantiellement. Les congés payés constituent un droit fondamental issu directement du Code du travail. Ils s’appliquent à tous les salariés sans exception.
Les RTT, quant à eux, résultent de l’application d’accords collectifs ou de conventions d’entreprise. Leur existence dépend de l’organisation du temps de travail dans l’entreprise. Seuls les salariés dont le temps de travail est supérieur à 35 heures hebdomadaires bénéficient de jours de RTT. Cette différence fondamentale explique pourquoi certains salariés n’ont aucun RTT à leur compteur.
Les modalités d’acquisition diffèrent également. Les congés payés s’acquièrent au rythme de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif. Les RTT s’accumulent selon un rythme défini par l’accord d’entreprise, généralement proportionnellement au temps de travail effectué au-delà de 35 heures.
Le traitement fiscal et social
Sur le plan fiscal et social, l’indemnité compensatrice de RTT et celle de congés payés reçoivent un traitement identique. Les deux sont soumises à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales dans les mêmes conditions que le salaire habituel. Cette similitude simplifie considérablement la gestion administrative pour les services de paie.
Que faire en cas d’erreur sur le solde de tout compte ?
La découverte d’une erreur sur le solde de tout compte nécessite une réaction rapide. Le salarié dispose d’un délai de six mois suivant la signature du reçu pour contester les sommes indiquées. Passé ce délai, la contestation devient nettement plus complexe, même si elle reste théoriquement possible.
La première démarche consiste à contacter l’employeur par écrit, idéalement par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier doit détailler précisément les erreurs constatées et les montants réclamés. De nombreux litiges se règlent à ce stade amiable, l’erreur relevant souvent d’un simple oubli administratif.
Si l’employeur refuse de régulariser la situation, le salarié peut saisir le Conseil de prud’hommes. Cette juridiction spécialisée dans les conflits du travail examine les réclamations relatives aux sommes dues. Elle dispose de tous les pouvoirs pour ordonner le versement des sommes manquantes, majorées d’éventuels dommages et intérêts.
Les documents à conserver
La conservation des documents justificatifs s’avère indispensable pour défendre ses droits. Le salarié doit garder précieusement ses bulletins de paie, le décompte des RTT fourni par l’employeur, les accords d’entreprise régissant les RTT, et naturellement le solde de tout compte contesté. Ces éléments constituent les preuves nécessaires en cas de contentieux devant le Conseil de prud’hommes.
- Bulletins de salaire des 12 derniers mois
- Décompte des jours de RTT et congés payés
- Contrat de travail et avenants éventuels
- Accord d’entreprise sur les RTT
- Solde de tout compte signé
Le traitement des RTT dans le solde de tout compte obéit à des règles précises. Leur indemnisation constitue une obligation légale pour l’employeur. La vigilance reste de mise lors de la vérification de ce document final. N’hésitez pas à faire valoir vos droits en cas d’anomalie constatée !